Sondage : les catholiques pratiquants moins tolérants vis-à-vis de l'homosexualité
Les catholiques pratiquants sont plus à droite que la moyenne des Français sur la plupart des questions de société, dont l'homosexualité, selon un sondage Ifop-Cevipof que publie l'hebdomadaire la Vie jeudi.
56% d'entre eux estiment que "l'homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité". La proportion passe à 76% chez les non pratiquants, tout près de la moyenne nationale (77%).
Cette étude a été réalisée à partir d'un sondage Ifop-Cevipof (Centre d'études de la vie politique française-Sciences po), réalisé en 4 vagues auprès de 22.400 personnes entre mars 2006 et janvier 2007. La Vie a utilisé les réponses des catholiques à ce sondage qui prend en compte les âges, professions, religions, type d'habitat, lieu de résidence, etc. e-llico Mis en ligne le 07/06/07
"Un point c'est tout"
la bible est une bibliothèque dans laquelle il convient de faire très attention à bien choisir les livres
Récemment, une célèbre animatrice radio états-unienne fit remarquer que l'homosexualité est une perversion. « C'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22: "Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination". C'est clair, non ? La Bible le dit. Un point, c'est tout », affirma-t-elle.
Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre ouverte. «Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme et j'essaie d'en faire profiter tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils quant à d'autres lois bibliques.
1. Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?
2. Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?
3. Je sais que je ne suis autorisé à toucher aucune femme durant sa période menstruelle, comme l'ordonne le Lévitique, chapitre 18, verset 19. Comment puis-je savoir si elles le sont ou non ? J'ai essayé de le leur demander, mais de nombreuses femmes sont réservées ou se sentent offensées.
4. J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière ?
5. Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu'on ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J'ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?
6. Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ. Idem pour sa femme, qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, mon oncle passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure
embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? Ne pourrait-on pas les brûler vifs au cours d'une réunion familiale privée, comme cela se fait pour ceux qui dorment avec des membres de leur belle-famille, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ?
Je me confie pleinement à votre aide. Merci de nous rappeler que la parole de Dieu est éternelle et immuable. Un point, c'est tout. »
La «base» catholique fait mentir le pape Benoît XVI
«Horizons de laïcité» , c'est le titre –d'une brûlante actualité– du 30e congrès national des Communautés chrétiennes de base (CDB), qui vient de se terminer à Frascati, près de Rome. Près de 360 participants y sont intervenus, représentant une trentaine de CDB. Ils ont visiblement donné le feu vert aux unions de fait et à un récent cas de demande d'euthanasie, deux sujets sensibles qui marquent un moment particulièrement crucial dans la société civile italienne. «La sacralité est inhérente à l'amour: l'Église, fidèle à l'Évangile, a le devoir de reconnaître cette sacralité intime, de la témoigner d'une façon prophétique; elle ne doit en revanche pas sanctifier l'amour à travers un enfermement légaliste et sacramentaire. Le mariage est un choix positif mais non un chantage sacré», lit-on dans le document sur le Pacs publié à Frascati. Une prise de position qui «veut confirmer le besoin d'une laïcité de l'État et l'urgence d'une foi vécue d'une façon non-confessionnelle, dans une vie en commun avec d'autres cultures et religions, exempte de dogmatismes et sans que les institutions civiles manifestent de la servilité à l'égard de l'Église», a souligné Cristoforo Palomba, secrétaire national des CDB. Alors que l'ire du Vatican s'abat sur le gouvernement italien, on entend, enfin, l'existence de voix dissidentes dans le complexe milieu catholique italien. Têtu 13 12 06

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Eglises & homosexualité : l'archevêque de Canterbury reçu par le pape le 23 novembre
Cette visite au Vatican de Mgr Williams marquera le 40ème anniversaire de la rencontre historique entre le pape Paul VI et le chef de l'Eglise anglicane d'alors, Mgr Michael Ramsay.
Malgré la volonté oecuménique affichée par Benoît XVI, le rapprochement entre les deux Eglises est compliqué par le fait que l'Eglise anglicane a ouvert en 1994 la prêtrise aux femmes et envisage maintenant d'ordonner des femmes évêques, alors que dans l'Eglise catholique la prêtrise est réservée aux hommes.
Rowan Williams, 71 ans, est depuis 2002 le chef spirituel des 70 millions d'anglicans dans le monde. Théologien de la frange "libérale" de l'Eglise anglicane, il s'est déclaré à titre personnel pour l'ordination de prêtres et d'évêques homosexuels. E-llico Mis en ligne le 06/11/06 |
La plainte contre la Bible et le Coran est classée sans suite
Suite à son audition, le 5 septembre dernier au tribunal de Grande instance de Thionville (Moselle), Salvatore Pertutti a vu sa plainte classée irrecevable. Lassé des propos injurieux, notamment homophobes, tenus par des personnes se justifiant de leur religion, Salvatore s'était attaqué au problème à la source: il avait porté plainte contre la Bible et le Coran pour diffusion de propos à caractère sexistes, homophobes et sectaires. Le juge d'instruction vient de classer la plainte irrecevable, au motif que les éditeurs des ouvrages sont situés à Paris, rendant incompétente la justice du territoire. Mais M. Pertutti ne se décourage pas: «L'évolution de cette affaire est encourageante, estime-t-il. En effet le premier refus d'instruire cette plainte, en juillet 2005, avait pour motif qu'elle était infondée et que mes arguments n'étaient pas valables. Cette fois, le magistrat ne déclare pas ma plainte "farfelue", mais met en avant un problème de procédure.» Son avocat, Éric Munier, a d'ailleurs fait appel, estimant la décision infondée. «La justice ne pourra pas éternellement faire l'autruche dans ce dossier» , tranche M. Pertutti. Il espère notamment obtenir l'inclusion dans les prochaines éditions de la Bible et du Coran d'un avertissement contre les propos injurieux et sectaires qui y sont tenus. Têtu 09 10 06
L'association chrétienne des lesbiennes et des gays réclament que leurs unions célébrées en Espagne soient reconnues par l'Église.
De fait, d'après Enric Vilà, membre de l'association, «en Catalogne, le mariage de deux hommes célébré en 1999 a été consacré par un jésuite, et l'an dernier un autre couple de lesbiennes a pu faire bénir son union. Des franciscains et des bénédictins auraient aussi accepté de reconnaître ces mariages.» Mais les choses ne sont pas aussi simples car, explique Enric Vilá, «la hiérarchie ecclésiastique nous discrimine et les homosexuels s'étonnent que nous soyons croyants». Le théologien néerlandais et homosexuel Frans Bossink a présenté à Barcelone les différentes solutions pour que des ecclésiastiques ou des prêtres puissent bénir les mariages de couples du même sexe: une bénédiction lors de la messe du dimanche ou du déjeuner de mariage ou l'organisation d'une cérémonie spéciale comme pour les mariages œcuméniques. «Nous ne proposons pas que le mariage des couples homosexuels soit reconnu comme un sacrement, a expliqué Frans Bossink, mais que les couples, s'ils le désirent, parce qu'ils démarrent un projet commun, puissent recevoir la bénédiction d'un représentant de l'Église.» Têtu 03 10 06
Grande Loge Féminine de France : première cérémonie de présentation d'un couple homosexuel
La Grande Loge Féminine de France (GLFF, principale obédience féminine) a accueilli samedi à Paris pour la première fois une "cérémonie de présentation" d'un couple de femmes homosexuelles.
"Nous faisons cela parce que ce geste revêt une portée politique, pour faire avancer l'égalité des droits, sans aucune exclusive", a déclaré à l'AFP l'une de ces deux femmes, une enseignante d'une soixantaine d'années qui a préféré conserver l'anonymat.
"Il n'y a pas de persécution ou d'exclusion à la GLFF , mais un non-dit et notre idée est que le couple homosexuel soit normalisé", a-t-elle ajouté.
La cérémonie s'est tenue en présence de délégations de la GLFF et de représentants d'autres obédiences maçonniques ainsi que de la Fraternelle des Enfants de Cambacérès, groupement réunissant des francs-maçons homosexuels de toutes obédiences.
Cambacérès, franc-maçon et homosexuel, devint après le 18 Brumaire deuxième consul de la République. Il prit une part importante à la rédaction du Code civil dont il rédigea le discours préliminaire.
La cérémonie traditionnelle de reconnaissance conjugale permet d'accueillir dans les temples maçonniques les conjoints francs-maçons ou non des adhérents.
La GLFF avait voté en 2005 une modification de ses textes constitutionnels afin que les couples pacsés, qui en étaient jusqu'alors exclus, puissent y avoir accès. Elle devenait ainsi la première obédience maçonnique à inscrire cette égalité des droits dans ses textes et la tradition maçonnique.
La GLFF revendique 11.600 adhérentes et s'affirme comme la première obédience maçonnique féminine mondiale.
Mis en ligne le 11/09/06 e-llico
Les prêtres gay du Vatican discutent sur Internet
«Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu'on vous persécutera, et qu'on dira faussement contre vous toute sorte d'infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.» C'est par ces mots tirés du sermon sur la montagne, raconté dans l'évangile selon Saint-Matthieu, que s'ouvre Venerabilis , le site de la «confraternité homosexuelle des prêtres catholiques». Le nom est en latin, le domaine en Turquie et ses fondateurs au Vatican. La nature et la précision des faits qui y sont référencés laissent penser qu'il s'agirait de personnes importantes du Vatican. Texte multilingue avec un arrière-plan doré similaire à celui utilisé par le site officiel du Saint-Siège, Venerabilis est réglé par un modérateur aguerri capable de deviner parfois même la profession des interlocuteurs anonymes et de lancer des jugements sans appel. Têtu 07 09 06

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Paris : mobilisation contre l'inauguration du parvis Jean-Paul II
L'inauguration, dimanche, du parvis Jean-Paul II face à Notre-Dame à Paris suscite des réactions de contestation côté LGBT. Act Up-Paris, Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence , Les Putes, mais aussi les Radicaux de gauche et les Verts dénoncent la décision du maire de Paris, Bertrand Delanoë.
Eddie Aït, Conseiller régional d'Ile-de-France et Secrétaire national du PRG (Parti Radical de Gauche) aux questions LGBT et Gilles Alayrac, Conseiller de Paris, membre du Bureau National du PRG, "s'indignent" de l'inauguration à venir du parvis Jean-Paul II face à Notre-Dame (inauguration prévue le dimanche 3 septembre 2006). |
Gilles Alayrac rappelle que le PRG a voté contre la dénomination "Parvis Notre-Dame, Place Jean-Paul II" lors de la séance du 13 juin 2006 du Conseil de Paris.
Pour Eddie Aït, également Vice-président de l'association des Elus Locaux Contre le Sida (ELCS), "une telle manifestation est une insulte aux morts du sida et à toutes celles et à tous ceux qui souffrent de cette maladie. Une telle cérémonie revient à faire l'éloge d'un pape homophobe qui a combattu l'usage du préservatif". Le PRG indique qu'il sera présent dimanche pour faire connaître son mécontentement.
Act Up-Paris dénonce, avec d'autres groupes LGBT comme les Sœurs, les Panthères roses ou les Putes, la décision de Bertrand Delanoë d'attribuer une place de la capitale à l'ancien pape. "Le catholicisme réactionnaire de Jean-Paul II, dogme que son successeur Benoît XVI conforte toujours, n'a pas à être honoré par notre ville et nulle part ailleurs" écrivent plusieurs associations et mouvements politiques dont les Verts.
"Monsieur Delanoë, votre alliance électoraliste "contre-nature" est choquante pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre le sida,
pour les droits des femmes, pour l'avortement et la contraception et contre toutes les discriminations. Cet acte incompréhensible et indécent va à l'encontre de la "sacro-sainte" laïcité à laquelle nous tenons toutes et tous", affirment haut et fort les contestataires de cette décision qu'ils demandent au maire de Paris de reconsidérer en se basant d'ailleurs sur des déclarations de Bertrand Delanoë lui-même où il affirmait avoir "toujours été en désaccord avec Jean-Paul II sur les questions de société".
Un rassemblement de protestation est prévu le 3 septembre à 12h00 sur le Parvis de Notre-Dame.
Mis en ligne le 31/08/06 e-llico
Un homme porte plainte contre la Bible et le Coran, jugés sexistes et homophobes
Parce qu'il était choqué par les propos sexistes et homophobes qu'il entendait sur les chantiers, un électricien de Thionville (Moselle), Salvatore Pertutti, a décidé de porter plainte contre la Bible et le Coran. Rien que ça. « J'ai pris des notes sur les insultes que j'entendais sans cesse contre les femmes et les homos , explique M. Pertutti, et j'ai constaté que les gens qui les proféraient se justifiaient souvent par les religions. En lisant la Bible et le Coran, j'ai été atterré de la violence des propos qui y sont écrits. Or la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, augmentée en 2004 pour condamner l'homophobie, n'autorise pas de tels propos. Il faut désacraliser les religions, qui sont incompatibles avec la tolérance que tout le monde prône de nos jours. » Cet hétérosexuel de 40 ans a porté plainte une première fois contre les éditions du Cerf qui éditent ces ouvrages: une plainte classée sans suite par le procureur de Thionville. M. Pertutti a donc récidivé en novembre 2005, cette fois en portant plainte contre X, pour diffusion de propos à caractère sexistes, homophobes et sectaires. Il est assisté gratuitement par un avocat de Moselle, Eric Munier. Il sera entendu demain, jeudi 31 août, pour la première fois par la juge d'instruction du TGI de Thionville. Si son combat semble légèrement fou, il a au moins pour mérite d'ouvrir le débat: « Je suis désormais connu de mes collègues de chantier pour les interpeller sans cesse sur leurs propos, parce qu'ils sont trop souvent intolérants , raconte M. Pertutti. Ils m'ont d'ailleurs surnommé Moïse… » Têtu 29 08 06

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Sida : des leaders religieux appellent à ne plus parler de châtiment
Des responsables religieux ont appelé, à l'occasion de la 16e conférence internationale sur le sida, à Toronto, à éviter les termes bibliques tels que "châtiment" pour évoquer le sida et à mieux utiliser les lieux de culte pour combattre la pandémie.
"Nous encourageons les gens à ne pas parler de châtiment dans un sens biblique", a déclaré lundi le révérend Jape Heath, secrétaire général du Réseau africain des leaders religieux porteurs du virus VIH ou atteints par le sida. "Utiliser simplement ce mot, c'est renforcer le point de vue selon lequel Dieu punit l'humanité" avec cette maladie, a-t-il commenté.
D'autres sont allés encore plus loin, en estimant que certains leaders religieux devaient s'excuser pour leur inaction face à la pandémie qui a déjà tué 25 millions de personnes dans le monde. "Nous devons publiquement nous confesser et nous repentir pour notre complicité dans la stigmatisation des gens touchés par le VIH/sida et leur marginalisation, en particulier les femmes et les enfants", a ainsi souhaité l'évêque Mark Hanson, responsable de l'église luthérienne évangélique américaine. |
"Nous devons être honnêtes et reconnaître que notre silence nous a rendu complices, ainsi que nos actions et nos paroles honteuses (...) et la manière dont nous avons formulé des arguments moraux (...)", a-t-il avancé.
L'évêque a notamment regretté que la morale ait été placée au-dessus du pragmatisme en matière d'éduction sexuelle et de prévention du sida, ajoutant que cela avait conduit à la diabolisation du préservatif par exemple.
L'église catholique romaine et les leaders musulmans, qui font l'objet des plus fortes critiques parmi les militants antisida, ne participaient pas à ce débat de responsables religieux.
Mis en ligne le 16/08/06 e-llico
Eglise anglicane : risque de schisme sur l'homosexualité
L'église anglicane est menacée d'un schisme au sein de sa branche américaine après le rejet mardi par l'Eglise épiscopale, d'un moratoire portant sur l'ordination d'évêques homosexuels. Lors d'une convention à Columbus, dans l'Ohio, une majorité de représentants épiscopaliens, la branche américaine des anglicans, a rejeté une résolution appelant "à limiter" les nominations d'évêques homosexuels et les rites destinés à bénir les unions de personnes de même sexe. A l'origine, les responsables internationaux de l'église anglicane espéraient une résolution parlant de moratoire mais les épiscopaliens s'étaient employés lundi à édulcorer le texte. Le rejet de la résolution est survenu deux jours après l'élection d'une femme à la tête de l'Eglise épiscopale pour la première fois de son histoire, une décision déjà jugée provocatrice par certains observateurs. Dès son élection comme Primat, Katharine Jefferts Schori, 52 ans, évêque libérale du Nevada, avait proclamé que l'homosexualité n'était pas un péché et que la Bible ne devait pas être interprétée littéralement.
Mis en ligne le 21/06/06 e-llico
Dieu n'est pas homophobe, mais certains religieux le sont.
« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme, ce serait une abomination » Lévitique, 18 – 22
« … les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l'infamie d'homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement ». Epître aux Romains, 1 – 27
« Lot dit à son peuple : "Vous livrez-vous à cette turpitude que nul, parmi les mondes, n'a commise avant vous ? Certes, vous assouvissez vos désirs charnels avec les hommes au lieu des femmes ! Vous êtes bien un peuple outrancier" ». Sourate 7, 80 – 81
Noyées dans l'immensité des Livres Saints des trois religions, quelques phrases seulement évoquent les rapports sexuels entre hommes. Malgré les exégèses, nombre d'institutions et de responsables religieux continuent à les prendre au pied de la lettre. Elles ont été utilisées, depuis des siècles, comme prétexte pour légitimer des positions politiques ou éthiques et étayer une homophobie dont les racines étaient sans doute ailleurs, dans la peur de l'autre, du différent.
Et pourtant de nombreux homosexuels, aujourd'hui, affirment leur croyance dans les religions du Livre. Il est possible de vivre pleinement, et leur foi en ce Dieu qui les a crées et leur vie affective et sexuelle.
Ainsi, nous, femmes et hommes, croyants, juifs, chrétiens, musulmans déclarons que :
- L'utilisation des Livres Saints pour condamner les actes homosexuels entre deux adultes qui s'aiment est indigne du travail exégétique qui n'a cessé d'être réalisé depuis la rédaction de ces textes et revient à s'enfermer dans des réalités culturelles et sociétales d'un autre temps.
L'exégèse a, par le passé, permis de remettre en question l'esclavage ou la subordination des femmes. C'est la même démarche qui devrait remettre aujourd'hui en cause l'homophobie ;
- Chaque femme, chaque homme, qui se reconnaît homosexuel fait l'expérience d'un décalage avec la norme que nous propose, voire nous impose, notre environnement, décalage qui exige de se mettre en route vers un ailleurs. En cela, il rejoint les expériences fondamentales d'Abraham, de Jésus, de Muhammed, dont les messages ont pour base le refus des carcans de leur temps ;
- Les religions qui se veulent chemin de réalisation de l'homme ne peuvent être telles si elles écartent du chemin tous ceux qui s'écartent de leur norme ;
- Les textes sacrés portent un message universel. Chaque conscience religieuse est le fruit d'une recherche et doit tendre vers une appropriation personnelle. Ainsi le message religieux n'a de valeur que dans la mesure où il ne reste pas déconnecté des hommes ;
- La responsabilité des autorités religieuses est lourde : leurs positions, leurs écrits, leurs affirmations, cautionnent souvent des silences coupables et des pratiques homophobes au nom de « justes discriminations ». Dépassant largement leur rôle, ces autorités incitent la société civile à refuser la reconnaissance des réalités homosexuelles. Cette ingérence récurrente dans la sphère politique laisse présager des jours sombres pour une laïcité qui nous est chère ;
- Ainsi, l'homophobie que nous subissons, l'incompatibilité supposée entre religion et homosexualité, ne sont pas le fait de Dieu, mais de ceux qui prétendent parler en Son nom.
François Lutt, président de David et Jonathan (accueil chrétien des gais et lesbiennes) ; Joël Behmoras, président du Beit Haverim (Groupe juif gay et lesbien de France) ; Caroline Blanco, Centre du Christ Libérateur ; Frère Jean-Michel, prieur de la Communion Béthanie ; Michel Desroches, Rendez-vous chrétien (Lille) ; Fabrice Lebert, Eglise MCC (Montpellier) ; Raphaëlle Lecoq, Groupe chrétien LGBTH 31 (Toulouse) ; Philippe Potyralla, président de « Présence75 » (lieu de rencontre des chrétiens inclusifs à Paris) ; Père Marie Bernard (Bernard Duvert) fondateur de la Fraternité Max Jacob, Raanan Gabay, président du World congress of gay, lesbian, bisexual, and transgender jewish organisation (Congrès mondial juif LGBT) ; Muhsin Hendricks, secrétaire national de The Inner Circle (groupe gai et lesbien musulman d'Afrique du Sud) ; Rowland Jide Macaulay, secrétaire général de African Gay Christians (groupe des chrétiens LGBT d'Afrique). Têtu 17 05 06
Un archevêque anglican appelle son Église à cesser la discrimination des homosexuels
Un archevêque anglican sud-africain a demandé à son Église de mettre un terme à ses discriminations contre les homosexuels, annonce le Washington Post. «La communion anglicane devrait être au premier rang pour combattre les maux sociaux et ne devrait pas s'inquiéter de ce que Gene Robinson [homosexuel dont la nomination comme évêque anglican du New Hampshire, le 2 novembre 2003 aux États-Unis, a divisé l'Église, fait ou non. Il a été élu par son peuple et les gens sont à l'aise avec cela », a déclaré Njongonkulu Ndungane. Il estime que l'homosexualité est un « problème secondaire » et place parmi ses priorités la lutte contre la pauvreté, l'épidémie de VIH/sida et les inégalités dans le domaine de l'éducation. Il serait loin d'être le seul, puisque, selon lui, 70% des quelque 77 millions de fidèles anglicans sont fatigués du débat sur la nomination des homosexuels et accordent plus d'importance aux « questions de vie ou de mort de ce monde ». Le successeur du prix Nobel de la paix Desmond Tutu, qui condamne également l'homophobie, est fortement critiqué pour ses positions sur l'homosexualité par l'archevêque anglican du Nigeria Peter Akinola. Têtu 17 05 06
Le cardinal de Séville défend la loi sur l'identité de genre
Les transsexuels espagnols viennent de recevoir un soutien de poids. Pour le cardinal de Séville, Carlos Amigo, «la future loi qui va réguler le changement de sexe et l'identité des transsexuels est une affaire légale. Le sexe d'une personne peut être différent de son identité et ne peut donc être assigné sur simple inspection externe des organes génitaux » . Cette déclaration étonnante de la part d'un représentant de l'Église catholique intervient en plein débat sur le retard pris par le gouvernement pour faire adopter la loi. Celle-ci, selon le ministre de la Justice , Juan Fernando Lopez Aguilar, sera votée avant l'été et devrait reconnaître que les transsexuels peuvent changer d'identité sans pour autant être obligés de se soumettre à une opération chirurgicale. La Fédération des lesbiennes, gays et transsexuels (FELGT) a annoncé qu'elle saluait la décision prise par le ministère de la Justice. Têtu 11 05 06
Une communauté religieuse inclusive s'implante en Afrique de l'Est
La communauté religieuse espagnole de San Sebastian, basée à la Grande Canarie , commence à s'implanter au Kenya et en Ouganda afin de permettre aux homosexuels de pratiquer leur foi, rapporte le site Afrol News . «Avec l'intérêt croissant des gens marginalisés en Afrique et en Asie, comme dans certaines parties d'Europe, on a décidé de nous concentrer essentiellement sur ces zones de besoin. En substance, cela signifie que le développement de confréries au Royaume-Uni cessera » , a justifié le révérend Paul Gibson, leader du mouvement. Les confréries qui s'établissent en Afrique de l'Est ont pour but de «devenir la voix des chrétiens [catholiques et protestants] qui ont été marginalisés par un système d'administration démodé », poursuit le révérend, faisant principalement référence aux homos ougandais et kenyans rejetés par le gouvernement et les Églises homophobes de leur pays. « Une telle exclusion est contraire à l'apprentissage fondamental de Jésus et est odieux aux yeux de Dieu », selon les préceptes de la «communauté inclusive» de San Sebastian, qui précise ne pas être exclusivement gay. Pour des raisons de sécurité, le révérend Gibson ne peut pas donner la location des nouvelles confréries. Mais il indique une adresse électronique où des renseignements peuvent être obtenus : commofsebastians@hotmail.com
Le cardinal Carlo Maria Martini s'écarte des positions du Vatican
Une photo à la une et une longue dissertation sur des sujets bioéthiques hautement controversés à l'intérieur. C'est ainsi qu'apparaît dans le dernier numéro de L'Espresso, une intervention du cardinal Carlo Maria Martini. Dans une conversation avec le savant scientifique Ignazio Marino, après un long silence, il aborde des sujets épineux pour les hommes de science et les hommes de foi. Des embryons à l'avortement, de la contraception à l'euthanasie, de l'aide médicale à la procréation à l'adoption des enfants par des célibataires, la pensée du cardinal est claire: « Sur certaines zones grises de la bioéthique, on ne doit pas adopter des jugements apodictiques mais rechercher le dialogue ». L'ancien archevêque de Milan, qui a aussi été un des candidats à la succession du pape Jean Paul II, considère le préservatif comme un « mal mineur pour éviter le sida», même s'il ajoute «qu'on ne peut pas prétendre que l'Église diffuse l'utilisation du préservatif en amoindrissant des autres méthodes moralement soutenables comme l'abstinence ». Une façon de raisonner qui a du poids et qui sonne comme un recalage implicite au travail systématique de désinformation béni par le Vatican au sujet de l'inefficacité du préservatif comme instrument de prévention contre le sida. Têtu 24 04 06
Suède : l'église luthérienne va bénir les partenariats gays
L'église luthérienne de Suède a décidé jeudi de bénir les partenariats homosexuels. Ces bénédictions auront lieu en marge de la messe dominicale pour la famille et les amis des couples homosexuels qui la réclameront. "Le Conseil de l'Eglise s'est vu confier la tâche de trouver une solution pour ces bénédictions de partenariats homosexuels (...) Cela entrera en vigueur en 2006", a déclaré à l'AFP Kristiina Ruuti, une porte-parole de l'Eglise officielle de Suède qui tient actuellement son congrès annuel à Uppsala. La décision a été prise par une majorité de 160 représentants de l'Eglise réformée suédoise tandis que 81 ont voté contre et 8 se sont abstenus. Les prêtres "qui ne voudront pas les célébrer ne seront pas obligés mais la congrégation devra alors trouver quelqu'un pour le faire", a ajouté la porte-parole.
Les homosexuels en Suède disposaient jusqu'ici, selon la législation en vigueur, des mêmes droits au sein de leurs partenariats que les couples mariés hétérosexuels, bien que le mariage homosexuel dans le pays scandinave ne soit pas encore légalement institué. Mais il n'y avait pas encore de reconnaissance de leurs unions par l'Eglise. "Nous ne parlons pas de mariage mais de bénédiction (d'un partenariat) par l'Eglise", a précisé la porte-parole.
Un comité gouvernemental examine actuellement l'opportunité de changer la loi de 1987 sur le mariage de façon à en faire un acte "neutre", éliminant toute distinction entre unions hétérosexuelles et homosexuelles. Depuis février 2003 les couples homosexuels se sont vus accorder le droit d'adopter des enfants.
Mis en ligne le 28/10/05 e-llico
Norvège : l'Eglise protestante divisée sur la question de l'homosexualité
L'Eglise protestante de Norvège est divisée sur la reconnaissance des unions homosexuelles dans un pays où officient déjà des pasteurs ouvertement homosexuels
Le Laerenemnd, l'organisme de réflexion théologique dont l'avis est consultatif, a été incapable de trancher sur la question de l'acceptation ou du refus des unions de même sexe.
Ses 20 membres sont divisés en deux camps de force égale. Fait inédit, sur les 11 évêques faisant partie de l'organisme, une majorité (six) s'est prononcée en faveur de la reconnaissance de l'union homosexuelle.
Selon le compte-rendu officiel de la réflexion qui expose les deux points de vue, les partisans de la reconnaissance de l'union homosexuelle ont fait valoir que "l'Eglise est tenue d'accueillir tous les hommes avec le même amour de son prochain, la même charité et le même respect, afin que leur dignité soit renforcée".
Les opposants ont pour leur part argué que "les textes de la Bible s'appuient sur le fait que Dieu a créé l'être humain sous la forme de l'homme et de la femme et que la différenciation des sexes est l'expression d'un ordre dans la Création qui implique que l'homme et la femme sont faits l'un pour l'autre et qu'ils ont la responsabilité de perpétuer l'espèce".
La doctrine théologique en vigueur dans l'Eglise de Norvège exclut officiellement que des personnes vivant dans le cadre d'une union homosexuelle puissent officier en son sein. Mais au moins deux hommes ouvertement homosexuels occupent la fonction de pasteur après avoir été recruté par des évêques libéraux.