Serbie

Dernière modification le 31 mai 07

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Serbie (Kosovo)
Craintes pour la sécurité Menaces de mort

K.Z., militant des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) (cet homme, dont Amnesty International connaît l'identité, a demandé à conserver l'anonymat)

ACTION URGENTE

K.Z., responsable d'une organisation kosovare de défense des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles et transgenres (LGBT), a été menacé de mort en raison de ses activités. Bien qu'il ait signalé cet événement à la police, il ne bénéficie d'aucune protection et Amnesty International craint que sa vie ne soit en danger.
Le 24 mai, K.Z., qui dirige le Centre pour l'émancipation sociale (QESh), a reçu par courrier électronique des menaces de mort signées sous un nom signifiant «Couteau aiguisé» . Son auteur a écrit : «Je vais niquer ta mère, te brûler avec toutes tes affaires et te faire porter tes intestins dans tes mains.» Ce message disait également que les proches de K.Z. devraient préparer son enterrement dans les deux semaines à venir et que K.Z. «finir [ait] en enfer» à cause de ses activités de défense des droits des LGBT.
Le jour où il a reçu ces menaces, K.Z. les a signalées à la police, qui a d'abord refusé d'ouvrir une enquête à ce sujet. Les agents qui étaient présents au poste où il s'est rendu ont déclaré que ce type de menaces n'était pas pris au sérieux et que K.Z. devrait engager des poursuites au civil. Alors que sa vie était en danger, il a été interrogé à un endroit où tout le monde pouvait l'entendre, et au moins sept policiers et plusieurs civils sont passés par cette pièce pendant sa déposition. Finalement, les forces de l'ordre ont accepté d'enquêter, mais ont refusé d'assurer la protection de K.Z.
D'après certaines sources, les responsables du Centre pour l'émancipation sociale ont déjà été cinq fois la cible de menaces au cours des derniers mois.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le Centre pour l'émancipation sociale est la première et probablement la seule organisation de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) au Kosovo. En raison du danger que courent ses membres, l'emplacement de ses locaux est tenu secret. Cette association prépare notamment un site Internet en langue albanaise fournissant des informations sur les questions relatives aux LGBT, qui hébergera un forum de discussion sur ces différents aspects.
Les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles et transgenres, tout comme d'autres minorités, sont en danger permanent au Kosovo. Amnesty International sait qu'un certain nombre d'entre eux ont fui cette province après avoir été victimes de menaces similaires ou d'agressions physiques. En 2006, dans une requête adressée au Comité des droits de l'homme des Nations unies, l'organisation a évoqué le cas de deux homosexuels agressés en raison de leur orientation sexuelle. Ces hommes ont signalé leur agression à un policier qui leur a répondu, à tort, que l'homosexualité était illégale au Kosovo et qui a refusé d'enquêter sur ces faits. Malgré les plaintes qu'ils ont déposées auprès du commissaire de police de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK), cet agent a simplement été transféré dans une autre région. L'un des hommes agressés s'est vu accorder par la suite le statut de réfugié dans d'autres pays ; le second s'est suicidé en 2007. Au Kosovo, l'intimidation des minorités est courante et l'homosexualité reste un tabou, bien que les discriminations liées à l'orientation sexuelle soient interdites par la loi depuis 2004.

Les militants LGBT dénoncent un climat d'homophobie
En Serbie, l'homophobie se porte bien, mais on n'en parle pas. Invitée, il y a quelques semaines d'Amnesty International, des Panthères Roses, du CGL et de l'Inter-LGBT pour un débat, Nina Djurdjevic-Flipovic, militante de Labris, association lesbienne de Belgrade, rappelle quelques faits édifiants : en 2001, la première Gay Pride de Serbie a été attaquée par quelques dizaines d'extrémistes, de skins et de nationalistes particulièrement violents ; au printemps dernier, la deuxième Marche a été annulée, faute de sécurité suffisante pour les manifestants ; et l'été dernier, une organisation de droite a placardé des affiches homophobes dans tout le pays, sans que les autorités ne réagissent.

Aujourd'hui, d'après Nina Djurdjevic-Flipovic, "les discriminations, l'intolérance, l'absence de législation protectrice et l'invisibilisation" caractérisent le quotidien des personnes LGBT dans son pays. "Il y a très peu de personnes qui s'expriment en faveur de leurs droits" ajoute-t-elle, en pointant l'absence d'intérêt des hommes politiques pour cette question, ce qui n'a rien d'étonnant dans un pays dominé par les partis nationalistes. julien picquart Mis en ligne le 17/11/04 e-llico

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